L’interopérabilité : pourquoi et comment la favoriser ?

Vous n’avez peut-être jamais entendu parler de ce terme, et pourtant, l’interopérabilité est devenue un enjeu majeur dans le domaine des systèmes informatiques. Si ce terme ne vous dit rien, détrompez-vous : vous avez certainement déjà fait les frais d’un manque d’interopérabilité ; par exemple en essayant d’utiliser une prise électrique britannique avec votre matériel français. Voyons donc comment ce terme s’applique aux technologies informatiques, et pourquoi son implémentation représente de nombreux enjeux.

L’interopérabilité : c’est quoi ?

La notion d’interopérabilité est générale, et s’applique aussi bien à des systèmes physiques (la compatibilité des voies ferrées d’un pays à un autre) qu’à des systèmes informatiques (la possibilité d’ouvrir un document avec plusieurs logiciels différents). Mais c’est bien sur le plan technologique qu’il est le plus important, avec la montée en flèche du nombre de systèmes, d’appareils ou de logiciels différents, et au premier abord indépendants.

Par exemple, les systèmes utilisés dans le monde de la téléphonie sont interopérables : quel que soit l’appareil ou l’opérateur que vous utilisez, vous pourrez téléphoner et utiliser la même technologie que sur un autre appareil.

L’interopérabilité traduit ainsi la capacité d’un système à pouvoir échanger et s’adapter à un ou plusieurs autres systèmes indépendants. En bref, c’est la capacité d’un système à être compatible avec des systèmes extérieurs, qu’il ne connaît pas forcément a priori.

Les enjeux de l’interopérabilité

L’interopérabilité regroupe aujourd’hui des enjeux très importants, car jamais le nombre de systèmes technologiques n’a été aussi grand, et les utilisateurs sont de plus en plus susceptibles d’utiliser des appareils ou des logiciels différents, qui utilisent pourtant une technologie commune. Il paraît donc crucial pour un fabriquant ou un éditeur que son produit puisse s’adapter aux autres produits du marché, pour permettre aux utilisateurs d’échanger avec d’autres systèmes et ne pas se retrouver bloqué sur une plateforme.

Ce point est d’ailleurs crucial aujourd’hui pour l’internet des objets (IOT). En effet, ce sont généralement des ensembles de systèmes qui communiquent ensemble (capteurs, tablettes, téléphones…), et un manque d’interopérabilité ne leur permettrait pas d’échanger entre eux, et donc de fonctionner.

Il existe toutefois deux écoles sur la philosophie à adopter concernant l’interopérabilité. Certains grands acteurs préfèrent en effet privilégier les formats qu’ils ont eux-mêmes créé et pour lesquels ils ont développé un brevet. Ainsi, leurs utilisateurs seront forcés d’utiliser uniquement leur logiciel pour lire les données souhaitées. On parle de format propriétaire. Par exemple, les formats utilisés par la suite Microsoft Office sont dits propriétaires (les logiciels Word, Excel, PowerPoint…), car ils ne peuvent pas être lus sans posséder le logiciel adéquat. Ces formats fermés sont souvent utilisés par les grandes entreprises, qui ont déjà un produit leader sur le marché, ou un ensemble de produits ne nécessitant pas d’échange avec d’autres systèmes.

L’autre école est celle des formats ouverts, qui favorisent une utilisation par tous types de logiciels et donc une interopérabilité. Ceci favorise en général l’innovation, car n’importe quel service pourra être créé en s’appuyant sur des systèmes déjà compatibles. De plus, cela laisse aux utilisateurs le confort de pouvoir utiliser un ensemble de produits de leur choix, sans être contraints de n’utiliser qu’un même produit ou logiciel.

Les solutions pour l’interopérabilité

L’interopérabilité est donc très importante étant donné le contexte actuel, mais il semble nécessaire d’y apporter un cadre et une organisation. Pour que des systèmes soient interopérables, il s’agit en effet de se mettre d’accord au préalable sur des standards à utiliser. De ce fait, l’une des meilleures solutions à ce jour est un travail commun entre les différents acteurs d’une solution. Souvent, cela prend la forme d’une organisation chargée de définir les nouveaux standards et les normes que devront respecter les produits. Cela présente par contre quelques problématiques, comme le temps que peut prendre l’adoption d’un nouveau standard et d’une innovation, car une telle décision nécessite qu’une grande majorité du groupe soit en phase avec celle-ci.

Conclusion

En bref, l’interopérabilité est aujourd’hui un concept important dans les systèmes numériques. Il représente la possibilité pour des systèmes indépendants de pouvoir être compatibles, et cela est primordial avec l’innovation croissante et l’augmentation du nombre de produits différents. En opposition à un système de standards et formats fermés, où les plus grands acteurs de certains domaines tentent de monopoliser l’utilisation de leurs créations, l’interopérabilité favorise quant à elle l’innovation et permet aux utilisateurs d’utiliser les produits de leur choix. Cette interopérabilité est la plupart du temps rendue possible par le travail d’un collectif de standardisation qui se met d’accord sur les normes à adopter.

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